• Clémence Thévard Hurbault

Slasheuse ?

Dernière mise à jour : 8 août

Article à retrouver sur Le Huffington Post

Slasheuse ? Mais qu’est-ce que c’est ?


Ça y est ! Je me lance officiellement dans la vie auto-entrepreneuriale !


J’ai annoncé que je ne renouvelais pas mon contrat actuel et que j’allais voler de mes propres ailes (ou m’écraser comme une crêpe), mais une question revient sans cesse : « Et du coup, tu vas faire quoi ? ».

Alors… comment t’expliquer… Tu as combien de temps devant toi ?

Tu veux la version courte ? Je vais devenir indépendante !

Ou la version longue ? Alors, je me lance en tant que consultante en stratégie (je développe ma clientèle), coach en développement personnel (oui, j’ai passé la certification), praticienne en bilans de compétences (que je viens de valider il y a quelques semaines), équicoach (tu sais le projet avec les chevaux), formatrice pour des BTS et des bachelor (tu sais, je donnais quelques cours déjà cette année) et puis j’aimerais prendre un peu de temps pour moi, m’occuper de mon chien…

Enfin, je sentais bien que je perdais mes interlocuteurs et que leurs yeux devenaient de plus en plus gros en mode « mais elle est complétement jetée celle-ci ! ».


Je me suis donc vite rendu compte qu’il fallait que je trouve un terme pour essayer d’expliquer ce que je faisais sans rentrer dans les détails car je risquais de perdre la personne et de perdre en crédibilité : « Mais comment on peut faire autant de choses différentes à la fois ? On ne peut pas être bon dans plusieurs domaines, on doit avoir une seule spécialité… » ; les bons vieux écueils français…


En cherchant un peu, je suis vite tombée sur plusieurs articles qui expliquent le terme « slasheur ».

Slasheur vient du symbole slash « / », symbole utilisé pour définir les différents métiers de ce dernier. Un « slasheur » ou une « slasheuse » est donc une personne qui jongle entre plusieurs métiers, de manière indépendante ou salariale, qui peuvent parfois ne rien à voir entre eux. Par exemple, être formateur, joueurs de rugby, consultant et écrivain à la fois.


Lorsque j’ai découvert le terme, sa définition m’a tout de suite fait penser à la réponse que je donnais à l’école quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard : « Un métier différent chaque jour de la semaine : lundi archéologue, mardi astronaute, mercredi danseuse étoile… etc. » Bien évidemment, on me regardait déjà avec des gros yeux en me disant « Mais ce n’est pas possible ! ».


Et bien si, c’est possible et notre génération en devient la preuve vivante ! Nous sommes de plus en plus nombreux à ne plus supporter de faire un métier unique, avec des missions redondantes et des horaires identiques chaque jour où on doit faire semblant de bosser jusqu’à pas d’heures parce que cela fait sérieux de finir tard. Aussi, nous avons besoin d’être pris aux tripes dans ce que l’on fait, croire aux projets, avoir des paillettes dans les yeux quand on en parle, et non plus simplement travailler pour un salaire, mais travailler pour une cause qui nous tient à cœur.


Ma cause qui me tient à cœur ? Faire que l’humain soit bien.

Que mes étudiants ne souffrent pas de phobies scolaires, que cela soit agréable de venir à mes cours, de leur transmettre les valeurs de la bienveillance et de l’empathie dans le cadre professionnel.

Que mes clients entreprises comprennent qu’il est essentiel de s’intéresser à l’autre, de ne pas penser que ses collaborateurs ne soient que des salariés, mais qu’ils peuvent être tellement plus de choses. De leur faire prendre conscience de l’importance de la communication, de la belle communication, avec l’écoute active, la sensibilité et les émotions.

Que mes clients particuliers s’écoutent, découvrent leurs valeurs, ce qui les fait vibrer et ce qui les empêchent de briller.

Cela peut paraitre utopique, mais à la manière du Colibri, j’y crois et je poursuivrais de faire en sorte que cela fonctionne.


Et puis c’est aussi essayer de faire évoluer les mentalités, de faire prendre conscience que c’est possible de faire plusieurs métiers, d’être bon dans plusieurs domaines, et qu’au contraire, je suis convaincue que « slasher » permet d’être encore meilleur dans les différents métiers. C’est stimulant et enrichissant de voir différentes choses, d’évoluer dans différents milieux, d’échanger avec différentes personnes. Cette pluralité alimente nos différents domaines et je suis convaincue qu’elle permet d’être encore plus compétente.


Je ne suis pas là pour convaincre qu’il faille tous devenir « slasheurs », mais simplement expliquer ce que c’est, comme cela, le jour où vous croiserez quelqu’un qui vous répondra « Tu veux la version courte ou la version longue » à la question « Tu fais quoi dans la vie ? », vous saurez de quoi il parle et vous pourrez même lui répondre « Ah ! Mais tu es slasheur ! ».

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